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Que ferions-nous sans les autres? Mon expérience dans le monde du travail autonome a bien illustré la réalité de ce fait : il est impossible de réussir seul. Comme je l’ai écrit dans mon texte de présentation, je n’ai pas de formation en traduction. Après une maîtrise en Études littéraires, je n'avais pas de perspective claire en matière d'emploi, mais je ne me suis pas tellement posé la question. Assez rapidement, j'ai voulu être à mon compte, démarrer ma propre petite entreprise.

J'ai dû apprendre mon nouveau métier de traductrice et réviseure en le pratiquant – mais ce n'est pas seule que j'ai réussi à mettre en place mes activités comme indépendante. En effet, l'aide des réseaux d'entrepreneurs a été pour moi un véritable trésor. Et les réseaux sociaux en ligne comme Linkedin étaient encore peu connus durant les premières années de The Writing Box, entre 2000 et 2004! Il s'agissait de rencontrer les gens en personne dans le monde matériel!

Aide financière et réseaux

Pour réaliser mon projet, j'ai donc obtenu une aide financière d'Emploi-Québec, Soutien au travail autonome, pour le démarrage d'entreprise, puis j'ai bénéficié du soutien de mon CLD (Centre local de développement), la CDEC Côte-des-Neiges/Notre-Dame-de-Grâce, et du SAJE. Pendant ces mêmes années, j'ai obtenu un prêt des Cercles d'emprunt de Montréal, pour l'achat de quelques pièces d'équipement : imprimante, scanneur, ameublement de bureau. Grâce au SAJE, de même qu'aux Cercles, j'ai rencontré de nombreux entrepreneurs en démarrage de tous les domaines d'activités. Et j'y ai trouvé mes premiers clients! Notamment, sur la référence du SAJE, j'ai aidé une vingtaine d'entre eux à rédiger leur plan d'affaires. C'est aussi avec le SAJE que j'ai pu faire partie du réseau Synaxis, réseau d'entraide entrepreneuriale, qui m'a permis de créer de nouveaux liens, d'assister à des conférences et d'afficher mes services dans la liste de ses membres.

Côté profession, le regroupement qui m'a le plus été utile est le réseau des Langagiers. Créé par un traducteur indépendant, essentiellement pour briser l'isolement des travailleurs autonomes, il rassemblait quelques dizaines de membres que j'ai eu l'occasion de rencontrer à quelques occasions dans une atmosphère souvent plus amicale que professionnelle. Par la suite, j'ai pu aider à prolonger les activités des Langagiers sur Internet en créant un site Web et une liste de discussion. Aujourd'hui, seule cette dernière existe encore.

Des pépins aux fruits!

Sur ma route, j'ai aussi participé à la création de quelques réseaux restreints qui ne sont pas parvenus à démarrer, mais il faut admettre qu'il y a du défi à se coordonner en vue d'un objectif commun. Chacune de ces expériences, malgré la déception, a été riche d'apprentissages. Aussi ont-elles peut-être été nécessaires à préparer la mise en place réussie d'un nouveau réseau qui voit maintenant le jour. Depuis quelques années, un projet d'une amie et collègue rédactrice, rencontrée par le réseau Synaxis il y a près de dix ans, est en train de se développer et nous lui donnons naissance pour de bon. Il s'agit d'un collectif de traducteurs, réviseurs et rédacteurs travaillant dans le domaine de la santé que nous avons baptisé Médicotexte.

Pour moi il est clair que je n'aurais pas pu réaliser mon projet d'entreprise sans l'aide de ces services et réseaux. On ne sait jamais quelles nouvelles occasions une rencontre de réseautage peut apporter, que ce soit pour recourir à des services d'autres entrepreneurs pour la réalisation d'un projet, pour trouver de nouveaux clients, pour développer des partenariats ou même des amitiés durables. C'est pourquoi j'ai le sentiment que c'est d'abord dans des relations humaines que nous devons investir notre énergie pour pouvoir créer une entreprise viable. Parce que finalement, même un travailleur indépendant doit être interdépendant!

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